WORKS

Cheminant le long de ton lit,

Je t’ai vu déformer tout ce qui te borde,

Je t’ai vu transfigurer les arbres, les graffitis, les ombres.

Des formes campent au coin des feux, ondulantes et liquides.

Tes marges sont de béton, de pavés, de briques.

Ton cœur est noir comme la révolte.

Sombre comme une nuit sans étoiles.

Pourtant lorsque l’aube enflamme ta surface huileuse, il m’arrive de verser larme de joie.

Bénédiction des cieux contraste avec ton passé trouble.

Rougeoiement des feux se fracassent contre tes vagues pourpres.

L’autre hiver j’ai vu ta colère muette se magnifier sur une banquise de circonstance.

La nuit glacée avait figé les empreintes de quelques oiseaux maigres et malpolis.

Au printemps, tes reflets crépitent et irisent ta surface et je vois parfois sur ta nappe fébrile les arbres en pixels.

Lorsque tu le veux bien, tu nous montres le ciel lourd et gris et quelques mètres plus loin, des arbres tu nous dévoiles les cimes ondulantes.

Le mince ressac fait danser les feuilles mortes et des sacs plastiques dodelinent sous la lumière niaise de quelques blafards lampadaires.

Cela fait longtemps que les haleurs ont disparu, engloutis par tes profondes ténèbres. En ce qui concerne les poteaux de couleurs je les ai vainement cherchés.

Amarrées, des barges boursouflées de sable et de gravats dessinent d’étranges bâtiments que tu dupliques à ta surface.

Un jour peut-être, enivré par la liqueur tiède de ton cours, je laisserai mon corps s’envelopper dans tes méandres.

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Crédits
© Bertrand Roussilhe. Tous droits réservés.
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